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Samedi 8 novembre Contre le mur de l’apartheid
lundi 10 novembre 2003

Le 9 novembre 1989 tombait le mur de Berlin. Aujourd’hui, un autre mur est en train de sortir de terre en Palestine, dans les Territoires occupés depuis 1967, oeuvre du gouvernement Sharon. Ce mur de l’apartheid est le vol de terres le plus important depuis 1967. Le mur de l’apartheid c’est DEJA :
-  117 000 hommes, femmes, enfants enfermés dans des enclaves de non-droits
-  72 200 autres privés de leur terre
-  un territoire réduit à moins de 10% de la Palestine mandataire
-  le vol des 2/3 des sols destinés à l’agriculture
-  102 000 arbres rasés
-  35 000 m de conduites d’eau détruites
ET CE N’EST QUE LE DEBUT ...

Des manifestations sont prévues dans le monde entier.
Une manifestation a eu lieu samedi 8 novembre à Saint-Etienne à 14h30, sur l’Esplanade de Centre Deux, à l’initiative de l’ A.F.P.S..

Le mur sur l’esplanade de centre 2 - 39.9 ko
Le mur sur l’esplanade de centre 2
 


Lors de la rencontre régionale rhône-alpes solidarité Palestine à l’Université de St-Etienne le 25 octobre, Rizik Abu Nasser, Coordinateur de l’action contre le mur de la ségrégation nous avait apporté ces nformations :

La question du mur est plutôt complexe.
Cinq point essentiels : 1) le mur, sa localisation et son calendrier, 2) les méthodes 3) les conséquences sur la population palestinienne, 4) réponse aux arguments sécuritaires 5) le but de la construction de ce mur.

En 1948, Israël s’installe sur 78% de la Palestine. Jusqu’en 1967, les 22% restant ont été sous l’autorité de la Jordanie ou de l’Egypte (pour la Cisjordanie et Gaza respectivement). En 1988, les Palestiniens proposèrent une initiative pour la paix selon les résolutions de l’ONU. L’état palestinien serait établi sur la Cisjordanie et Gaza tandis que de l’autre coté de la ligne verte, ce serait Israël. Les accords d’Oslo ont été conclus sur cette base entre le gouvernement israélien et l’Autorité Palestinienne. Le non respect de ces accords a conduit à la deuxième INTIFADA. De ce fait, la Cisjordanie et Gaza sont à nouveau occupés. 3000 morts palestiniens (200 enfants de moins de 12 ans, 69 morts par empêchement de franchissement des barrages -29 bébés dans ces chiffres-). 7000 palestiniens sont emprisonnés et une grande partie de ces prisonniers sont détenus administratifs sans jugements. On trouvera ces chiffres sur http://pengon.org et sur les sites de Droits de l’Homme israéliens comme palestiniens.
En octobre 2002, et pendant que la guerre de l’IRAK occupait les unes des journaux, le gouvernement israélien peaufinait sa politique de lutte contre le peuple palestinien, et c’est à ce moment que la mise en place du mur est décidée pour empêcher le développement d’un état palestinien.
Il faut parler de plusieurs murs et non pas d’un seul mur. Nature et localisation sont très variées. Le mur est constitué de 7 obstacles : le premier est constitué d’un barrage de terre d’un mètre à un mètre cinquante, le deuxième est constitué d’un fossé de 2 m qui empêche les voitures de s’approcher du mur, le troisième est constitué de barbelés, le quatrième est une couche de terre très fine permettant de repérer les pas, le cinquième est une route asphaltée pour les militaires, le sixième un mur en béton avec des barbelés et le septième le mur de sept mètres avec des tours de 12 m. Selon les lieux et les moyens mis en œuvre on trouve entre 3 à 7 de ces obstacles réalisés.
Le mur occidental fait 320 km. (isole 23% de la Cisjordanie)
Le mur oriental fera 360 km. (isolera 35 % de la Cisjordanie)
Les murs internes séparent les agglomérations palestiniennes entre elles. (isolent 2% de la Cisjordanie)

La largeur occupée par le mur complet (avec ses 7 obstacles successifs) est de 60 à 120 mètres.
600 000 arbres (oliviers, fruitiers) ont été arrachés pour dégager l’espace nécessaire au mur.

80% des terres fertiles et 90 % de l’eau sont désormais isolés de l’autre côté du Mur. Seules les montagnes arides restent accessibles aux Palestiniens. 400.000 Palestiniens seront isolés entre la ligne verte et la partie palestinienne résiduelle. Ils ne peuvent ni aller en Israël, ni vers leurs compatriotes. 210.000 familles sont séparées de leurs terres.

Le mur a donc des conséquences sur l’ensemble des droits de l’homme : droit de se déplacer, le droit d’accéder à l’éducation, aux soins médicaux, le droit à jouir de sa propriété, et le droit fondamental de vivre libre dans son pays.

Qalqilya était une des villes les plus riches en Palestine (il y avait même un zoo). Avant le mur, il y avait 140.000 habitants. Le mur a isolé la ville des autres agglomérations palestiniennes : par exemple pour aller à Habla proche de 3 km, il faut maintenant faire un détour de 21 km, et là, il faut franchir un barrage. Cette ville servait de pivot entre les sociétés israélienne et palestinienne. Israéliens arabes ou juifs venaient acheter à cet endroit car c’était bon marché. Les Palestiniens pouvaient écouler leurs produits et accéder aux produits israéliens. Il n’est bien sûr plus possible d’avoir ce genre d’activité. 1000 magasins ont dû fermer (chiffre officiel). Le mur de Qalqilya a été terminé en mai 2003. Officiellement, plus de 7000 personnes ont quitté cette ville. En réalité, ces chiffres sont sous-estimés, car beaucoup d’habitants réguliers étaient des personnes y habitant temporairement et non enregistrés. Qalqilya étant devenue une ville fantôme, les habitants cherchent du travail ailleurs. Selon l’organisation internationale contre la faim, 65% de la population est en dessous du seuil de pauvreté et survit grâce à l’aide des ONG.

Mais il y a pire. Dans le village de Mas’ha les habitants sont coupés de 95% de leurs terrains agricoles, et pire, certains sont coupés en deux par le mur, voir complètement encerclés par le mur, avec des portes d’accès sévèrement contrôlées.

Le cas de Monsieur Nazeeh est exemplaire. Sa maison est à l’extrémité du village de Mas’ha. Entre sa maison et une des maisons des colonies qui se sont construites récemment, il n’y a que l’espace d’un barbelé (qui était là avant que la colonie ne se construise). Le plan du mur prévoyait de passer au delà du barbelé, mais les colons ont refusé ce plan car il empiétait sur le terrain qu’ils occupaient et le mur a été dévié. Il passe maintenant de l’autre coté de la maison, ce qui a pour conséquence d’enclaver cette maison entre le barbelé de la colonie et le mur lui-même. On peut trouver le détail de cette situation sur le site internet. Les autorités israéliennes ont ménagé une porte qu’il a le droit de franchir 3 fois dans la journée (matin, midi et soir et à pied pour lui est ses enfants). Aucune voiture ne peut accéder à la maison. Les Israéliens ont essayé d’acheter son accord mais il a refusé. Il est l’objet de menace de destruction au prétexte d’une attaque inventée depuis la maison, ce qui donnerait le "droit" aux Israéliens de détruire sa maison sans aucune indemnité.

Ces exemples illustrent les vraies intentions du gouvernement israélien dans la construction du mur : transférer les populations vers les régions intérieures (montagnes arides) ou à l’extérieur de la Palestine en rendant impossible de continuer à vivre sur place. La question démographique palestinienne est ainsi traitée par les autorités israéliennes : pour eux, cette question est importante, car à l’allure actuelle, la population palestinienne sera 1,5 fois celle juive dans toute la Palestine d’ici 10 ans. Ce mur a aussi pour effet d’empêcher tout développement d’un état palestinien. En effet, les ressources en terre et en eau sont inaccessibles et les déplacements sont quasi impossibles également.
Le mur était prévu pour être terminé en 2005, à la même date que la fin du processus de paix indiqué dans la "feuille de route", ce qui n’est certes pas un hasard. Comment faire pour constituer un seul état avec 3 parties isolées par les murs en Cisjordanie et Gaza. Comme la capacité de ces territoires est d’ores et déjà saturée compte tenu des difficultés de vie, le droit au retour devient de fait impossible. Ainsi, par ce mur, les habitants actuels sont incités à partir et ceux qui sont encore en exil ne pourront pas revenir. Le problème démographique est ainsi réglé pour Sharon.

L’argument principal de la construction du mur serait la question sécuritaire. Mais ce mur était en cours bien avant le démarrage des attentats. Dès 1974, Sharon confiait à un membre de la famille Churchill ( ?) ses ambitions pour le grand Israël, et à la question "que feras-tu des Palestiniens ?" il répondit " je les mettrai dans des sandwichs comme de la pasturma " ( note : la pasturma est de la viande fumée et séchée, débitée ensuite en tranches). Dès son arrivée au pouvoir, Sharon a tenté de mettre en œuvre ce plan (sans succès à l’époque). Si le mur était un problème de sécurité uniquement, il aurait été construit le long de la ligne verte et non de façon à découper le territoire en plusieurs morceaux. En effet, du coté oriental, le mur séparera la Cisjordanie de la Jordanie. Pour protéger la Jordanie ?
A l’intérieur, Tulkarem est isolé du reste de la Cisjordanie. Pour protéger qui ? Le mur maintient 400 000 Palestiniens entre le mur et la ligne verte. Sont-ils concernés par la sécurité ? Le mur maintient une cinquantaine de colonies à l’intérieur du territoire. Est-ce une question sécuritaire ?

Le seul but qui d’ailleurs se vérifie malheureusement dans la réalité, c’est la volonté de confiscation des terres qui permettraient aux Palestiniens de vivre sur place et donc de forcer l’exil de ceux qui y vivent encore, et empêcher le retour de ceux qui sont actuellement en exil.

Il est rappelé l’objectif des manifestations du 8 et 9 novembre (à l’occasion de l’anniversaire de la chute du mur de Berlin). Une autre revendication est d’exiger que, puisque les conditions d’exécution des accords entre l’Europe et Israël ne sont pas respectés (aucun accord international concernant les Palestiniens n’est respecté par les Israéliens), il faut lutter pour obtenir la suspension de toute aide de l’Europe à Israël. Rizik conclut par un appel à se rendre en Palestine pour ensuite témoigner.


Voir en ligne :Pour plus d’informations sur le mur

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