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Philippe Tancelin
Chuchotements dans ce vacarme
vendredi 22 août 2003


En toutes langues
à toute heure
de ce côté de l’histoire
je ne ne sais pas comment
je ne sais pas
ne sais pas comment
souffler le cri qui s’entendra
étrange question en ce message immortel je ne sais pas
jeune ne sait pas mieux que vieux ici même

Bagdad -Paris-Milan peut-être
1000 2000 ans tombent dans l’énigme
entre les évadés de ce songe
ces pays
d’autres questions tombent
je ne sais pas comment je peux
comment je ne suis pas au-delà
au-delà d’arrêter
arrêter comment
celle des nerfs
compartiment dépression
défaite
Je ne sais pas comment
marcher auprès de la blessure
de ce côté de la lueur
l’allure humaine sur les remparts
le long de tes mains
devant l’inquiétude
je ne sais pas
comment le verbe
comme le verbe ment
se fait passeur d’aube
oiseau tisserand d’or et d’air
je ne sais pas comment respirer
pour que le verbe écrive la douleur de ce paysage immense
devant
je ne sais pas
je ne suis pas devant
ni derrière
ne sais plus comment nous voyageons ici
comme les captifs de nos voix dans la beauté
qui n’est plus
ignorent la prière de cette nuit sans trêve
comment la dire
je ne sais pas

la rencontre se fait entre la lumière et l’obscurité profonde
qui la dit la guerre
soudain une étendue
légère
brassée d’autres étendues
d’autres cas de fleurs
sur la chair
une table d’enfant
jeune
je ne sais pas comment
ce bruit dans l’air
bruit de marche dissipée quittera la lumière
pour la hante d’un bourreau
continu
qui poursuit l’émoi
je ne sais pas comment moi
comment les mots empirent l’air
chaque fois que je dis
arrêtez
une insondable nuit poursuit
éclaire la poursuite des mots
trahis
jusque sur l’horizon de la ligne de mire
tire
demande à l’arrière
des yeux
la patience d’une légende

il ne reste plus qu’elle
saison des fleurs dans la raison
un étrange soleil accompagne les bords
où courent des êtres
sous le choc des balles
l’éclat des miroirs
cet effort
d’un naufrage
qui ne sait plus comment
arrêter l’image
d’une main qui s’enterre
ou se sauve
fascine l’inscription des mots
sur le sang livré
puisé d’une révélation
accourue devant toi sur le front de l’histoire
où tu ne sais pas comment
si jeune arrêter
où je ne sais pas
qui parle à voix basse
dans l’histoire
comment passer cette incapacité
à devenir jusque dans les ruines
entre la pierre
et la nausée de silence qui fait procession
profession d’espoir maintenant
sur les lèvres en cendres

je ne sais pas comment le sens
vole au secours des bourreaux
écrit
notre sortie
sur la poitrine du dormeur du val
quel héritage le poète
reçoit entre les lignes
je ne sais pas comment
je ne sais pas
je ne sais pas comment passer les lignes
arrêter
suspendre la chute
du ciel entre les branches

comment cela a commencé ?
dans une demeure sans fin
par une larme restée
entre deux pages du grand livre des songes

une étendue de soir donnait sur la profondeur
du cratère blanc
de la lucidité
la voix de l’homme bleu
se répandait à perte de rumeurs
je ne sais pas comment
je ne sais pas
comment le prix de la chaleur humaine revenait aux lèvres des pierres
auprès des oliviers
je ne sais pas comment les arbres accusent la couleur des arbres
je ne sais plus mon pays
je sais le martyr naviguer sur fond de sang
au bout d’un ciel
sans faute

au bout d’une plage
de cristal un vaisseau viendra
porter l’esprit vagabond d’une paix peut-être
je ne sais pas
je ne sais pas comment
je ne sais pas comment arrêter
je ne sais pas
la main illimitée
ce regard aux blessés devant le prochain crime

Une nudité d’écart partisan demande l’oeuvre de l’homme
pour le miel du maquis
un écart libre vient dans l’écart de toi à moi
écrire la majeure absence
je ne sais pas
je ne sais pas comment d’une ancienne blessure
les mots viennent
reviennent visiter la lumière
un enfant-raisin-de sable
parle d’une voix de tous les visages

je ne sais pas comment
le devenir
comment là-bas peut-être
un incendie de larmes
arrête la mer des sangs d’ici
comment une rencontre se tente au fond
du livre au long des lignes
un visage de brasier se fait
visage de porte abattue
je ne sais pas comment les yeux étendus aux pauvres
sur la lande entre la berge et l’amour
ramassent l’ombre
de l’homme oublié

un éclair commence une chasse lointaine
bientôt large
reliera la nuit lépreuse
au rêve derrière la halte
je ne sais pas comment la vérité
je ne sais pas comment la blessure au fond de cette vérité

je sais la pensée libérée de l’impasse qui soufflait
palpable sur l’ange d’histoire
je sais au bord des lignes oubliées du témoin
la patience des heures
sous l’ordre de qui éprouver la terre
je sais placer la pierre dans cette nuit des voix
comment par la clarté capricieuse
les ombres écrivent
la promenade humaine

mais je ne sais pas
comment accueillir le hurlement du vide
comment
devant la parole désincarnée des masques
comment je ne sais pas
comment
le concert des anges s’évade au seuil des choses
je ne sais plus que l’accueil des fantômes sur cette route
où fête et révolte s’invitent à l’éternité
je ne sais plus comment
sur le matin de peur
l’oiseau place le soleil entre les menottes
porte à son sourire l’imprévu
je ne sais plus
je ne sais plus

devant l’éternité des couleurs
sans cesse retardée
à quoi rassemblent les fleurs
comment arrêter l’exil de cette peinture
en son visage d’effroi
je ne sais plus
je ne sais plus
comment

je sais les années de haute lettre avant la lettre
quand les enfants jouent
souterrainement au secret
surpeuplé de lumière
dans l’exigence de soi au-dessus de soi de tout son long
comment la fascination du vide en vient
à la légitime défense du droit de vivre
du droit d’écrire
droit de parler
droit d’entendre

debout je ne sais pas comment
arrêter
je ne sais plus
y attenter
comment l’entre tailler
des générations de mots
générations d’images
pour déserrer l’étreinte de la pierre fumante
tombale
bagdad... Ramallah...ailleurs
des noms s’invitent tous les jours qui sait comment
dans la nuit éclairée
rien ne se trouve
comment l’écho de leur présence parvient à ce destin solitaire

la médiocrité où se construit un monde
je sais comment l’histoire répond à l’histoire
derrière cette fresque du rêve de la promission
entre fidèles du refus
comment rester enragé de la moindre échappée
mais je ne sais
pas à pas comment arrêter
taire l’appel de la cavale noire
derrière l’embarque claire des pages écrites
du sang des heures
sous le masque de la conscience

je sais l’eau
attentive silencieuse lorsque tout
silence tout
mais comment
la brûlure de leurre qui la précède
au parler de tous les parler
se hissant l’un l’autre
je ne sais pas je ne sais pas
ses mains d’approche
attendues à l’immuable
ses mains d’insomnie
si près du jour
sans omettre d’entendre
le chant déconcerté mais pur
des abandonnés

o sale jour
dans l’indifférent lointain
des heures implacables de la résignation

jour que personne n’interrompra
sans atteindre le niveau tragique de la voix du vide

grande conscience sous l’orage
quelle inconsolée clarté t’abandonne
dans cette civilisation
quelle sombre lueur nous met à l’épreuve
du réel
voit aux bords des plaies du monde
nos lèvres sans douleur
quelle cime de la nuit enfouit ainsi nos yeux
entre ruines et noces

Un enfant meurt pour avoir épousé un arbre
son père meurt pour l’avoir planté
sa mère meurt encore pour l’avoir conçu
à une altitude de compréhension de ce qui arrive
qui sera sans escale jusqu’à la venue du juste

un enfant
au silence blessé
demande un jardin aveugle
à tes frontières

pourquoi tant de cruauté
démettant le jour
pourquoi ce ciel de ronces autour de la terre
ce sourire pétrifié des armes
volant l’enfance
ce baiser qui ne frère plus entre les peines

cette inmanquable halte
au carré de haine
suppliciant l’espoir

dans le contre-jour des récits
la légende de nulle part
tisse la voie d’une protection
un être de joie
qui nous précède en l’autre
je ne sais pas je ne sais plus
je ne sais pas comment
je ne sais pas comment arrêter‚arrêter‚arrêter‚
je ne sais pas comment arrêter
la guerre

Phillippe Tancelin
Profeseur des Universités
Directeur du CICEP : Centre International - Inter-Universitaire de Créations d’Espaces Poétiques.




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